La JILAF a pour mission de contribuer au développement socioéconomique des pays en voie de développement via son soutien à des organisations syndicales libres, démocratiques et indépendantes. Elle organise ainsi dans ce cadre des projets de soutien sur place administrés et planifiés à l'initiative des syndicats des pays concernés. Ces projets, mis en pratique conformément aux besoins et à l'environnement immédiat des travailleurs et des syndicats, comportent des « activités d'éducation des travailleurs » ainsi que des « activités de développement social ».
Les « activités d'éducation des travailleurs », gérées par les syndicats locaux et destinées à former les responsables et adhérents de ces syndicats, s'articulent principalement autour de : 1. Le Programme d'amélioration de l'environnement sur le lieu de travail (POSITIVE), 2. Les séminaires sur l'organisation, 3. Les séminaires sur les négociations collectives et les conventions de travail, 4. Les séminaires sur les femmes, 5. Les séminaires sur l'éducation syndicale fondamentale, 6. Les séminaires pour la formation des leaders syndicaux, 7. Les séminaires sur les relations patronat-syndicat et sur la productivité.
« Les activités de développement social », lancées par les syndicats sur place au sein de la société locale, contribuent à la communauté sous la forme de deux programmes essentiels que sont le « Projet d'écoles de lutte contre le travail des enfants » ainsi que le « Projet de formation d'instructeurs sur le VIH-SIDA ».
La JILAF, soucieuse de l'indépendance, de la pérennité ainsi que de la responsabilité des syndicats locaux, envoie des instructeurs, offre son savoir-faire et leur apporte une contribution financière. Depuis le lancement du programme en 1994, des séminaires et ateliers ont été organisés dans 19 pays et une région principalement en Asie. Au mois de mars 2013, on enregistrait déjà 2894 séminaires pour 89.040 participants.


Le POSITIVE, Participation-Oriented Safety Improvements by Union Initiative (Programme participatif d'amélioration de la sécurité et de l'hygiène à l'initiative des syndicats), vise à l'amélioration de la sécurité et de l'hygiène au travail à l'initiative des syndicats en mettant l'accent sur la « pratique participative ». Il est actuellement organisé par les Centrales nationales de 10 pays asiatiques. Ce programme, d'une durée de 3 à 4 jours, vise à mettre à jour les points perfectibles constatés lors de l'inspection d'un lieu de travail au moyen de la « liste de vérification des éléments pour l'optimisation du travail », inspection donnant lieu à des discussions de groupe. Plus de mille de ces séminaires ont déjà été organisés pour plus de 25.000 participants. De plus, le nombre d'instructeurs supérieurs - participants au programme ayant cumulé de l'expérience via leur implication dans de nombreuses mesures d'amélioration du lieu de travail après leur stage - dépasse les mille personnes.
Fonder de nouveaux syndicats et augmenter le nombre des adhérents constitue l'une des activités les plus importantes des organisations syndicales. Au Vietnam, la loi oblige toutes les entreprises à mettre en place un syndicat de travailleurs. Toutefois, devant la réalité d'entreprises sans syndicats ou encore celle de cas d'inactivité effective de ces derniers, la JILAF a mis en place des séminaires de l'organisation à destination des salariés des entreprises et des responsables de l'organisation syndicale. En 2007, elle a organisé des séminaires sur les relations patronat-syndicat, l'organisation et le renforcement syndical japonais, séminaires ayant pour objet les responsables des syndicats d'entreprises japonaises situées dans une zone industrielle en banlieue d'Hanoi. Afin d'améliorer les relations entre la direction et les salariés au sein des entreprises japonaises dans lesquelles les participants travaillent, nous avons, à l'occasion de la visite de ces entreprises, demandé à la direction la création de syndicats ainsi que sa compréhension et sa collaboration à l'activité syndicale.
Dans certains pays, nous faisons face à des problèmes liés à la différence de sexe : 1. Impossibilité d'obtention de l'emploi désiré, 2. Différence de salaire, 3. Discrimination sur le lieu de travail, 4. Absence de législation sur l'égalité homme-femme… L'égalité entre les sexes est l'un des défis importants que doivent relever les organisations syndicales.
Au Pakistan, entre autres pour des raisons religieuses, la coutume selon laquelle on considère que les femmes ne doivent pas aller travailler à l'extérieur est encore fortement présente, la plupart d'entre elles s'occupant des enfants et des tâches ménagères. Dans ce séminaire, et en collaboration avec la Fédération des Travailleurs du Pakistan (PWF), nous offrons aux participants la possibilité de prendre part aux études sur les problèmes rencontrés par les femmes dans la société, au travail ou encore au sein du foyer, sans oublier les droits de la femme ainsi que les missions des syndicats, ces différents thèmes étant discutés et analysés parmi les participants du point de vue de la question du genre. En délibérant ainsi de la manière de régler ces problèmes à l'avenir, nous œuvrons également au renforcement structurel des organisations syndicales.
« Pourquoi les syndicats de travailleurs sont ils indispensables ? », « Comment les organiser de manière libre, démocratique et autonome ? », « Comment mener les négociations collectives et comment conclure les conventions de travail? » ; tant de questions fondamentales sur les bases des organisations syndicales que se posent les pays nouvellement fondés, les Centrales nationales récemment crées ou encore les mouvements syndicaux fraîchement lancés, questions sur lesquelles il est primordial d'élever la reconnaissance commune au sein de l'organisation.
Dans ces séminaires visant à renforcer et à consolider l'organisation, nous mettons principalement en place des conférences centrées sur l'enseignement des fondamentaux syndicaux ainsi que sur des discussions de groupe sur des thèmes tels que : 1. Rôle et nécessité des syndicats, 2. Règlements syndicaux, 3. « Vision Mission » (Perspectives et Mission) et objectifs spécifiques à atteindre, 4. Structure de l'organisation, 5. Problèmes à régler dans l'immédiat, 6. Présentation des activités du comité des femmes et des jeunes…
On estime que, dans le monde, plus de 160 millions d'enfants âgés de 5 à 14 ans sont contraints de travailler, dont plus de 100 millions dans la zone Asie-Pacifique.
Afin de promouvoir des mesures de lutte contre le travail des enfants, la JILAF, en collaboration avec les Centrales nationales que sont le Congrès National des Syndicats Indiens (INTUC) et le Congrès Indépendant des Syndicats du Népal (NTUC-I), dirige des écoles libres non-régulières offrant à des enfants-travailleurs l'opportunité de recevoir une instruction fondamentale, promouvant par la même leur transfert vers des écoles publiques.
Davantage que de prôner largement l'importance de l'éducation dans leur région et leur société, les syndicats locaux, fortement investis dans le projet, ont pour objectif d'élever la force d'influence syndicale ainsi que de contribuer au développement économique.

Au Népal, après une guerre civile de plus de dix ans et malgré le passage de la Monarchie du Népal à la République démocratique fédérale du Népal, la situation politico-économique demeure instable.
Du fait de ces circonstances, un grand nombre d'enfants inscrits à l'école publique et issus de familles pauvres arrêtent leurs études et deviennent des travailleurs-enfants dans des fabriques de tapis, sur des chantiers de construction ou encore dans des fermes ; le taux d'alphabétisation chez les adultes tournant aux environs de 50%.
La JILAF, en collaboration avec la Centrale nationale locale représentée par le Congrès Indépendant des Syndicats du Népal (NTUC-I), gère ainsi neuf écoles libres non-régulières à 1. Kailali, 2. Kaski, 3. Palpa, 4. Bhaktapur, 5. Moran, 6. Bara, 7. Parsa, 8. Rupandehi et 9. Nawlparasi, proposant six jours par semaine des cours de népalais, d'anglais, d'arithmétique, d'éducation civique ou encore de sciences.


L'Inde est le pays où le problème du travail des enfants est le plus grave et on estime qu'il abrite le plus grande nombre d'enfants-travailleurs au monde. Conscients de cette situation, nous avons, de concert avec le Congrès National des Syndicats Indiens (INTUC), ouvert l'école Kobir Badi dans la ville éponyme située dans l'état de Tamil Nadu, ville abritant un grand nombre d'enfants travaillant dans des fabriques d'allumettes, entre 1999 et 2003, ainsi que l'école Markapur dans la ville de Markapur située dans l'état de l'Andhra Pradesh, ville où nombre d'enfants travaillent dans des carrières, entre 2004 et 2009. Dans une perspective 2009-2014, nous avons également monté une nouvelle école à Markapur dans laquelle nous donnons six jours par semaine des cours de tamoul, d'anglais, d'arithmétique, d'éducation civique, de sciences, de musique ou encore d'éducation physique à des enfants employés dans des carrières dans des conditions encore plus difficiles.
Grâce à des entretiens avec les parents ainsi que des activités de promotion de la compréhension à destination de la société locale sous l'égide de la JILAF et de l'INTUC, nous prévenons en outre le retour des enfants au travail et nous appliquons à aménager des conditions favorables à leur scolarisation même pour les familles les plus défavorisées.
A la JILAF, nous organisons des activités en nous appuyant sur notre compréhension de l'importance que prend le problème du VIH/SIDA chez les travailleurs. En 2005, nous avons lancé des séminaires sur le VIH/SIDA en Zambie en partenariat avec le RENGO et, en 2006, nous avons invité à Tokyo les responsables VIH/SIDA des Centrales nationales de chaque pays avec qui nous avons organisé un colloque, le tout dans le cadre du Programme d'invitation.
Par la suite, bénéficiant de la « Bourse d'aide aux projets des ONG japonaises » obtenue auprès du Ministère des Affaires Etrangères, et en partenariat avec l'ITUC-TC (Confédération Internationale des Syndicats, Conseil Thaïlandais) composée des 4 organisations formant les Centrales nationales de Thaïlande, nous avons lancé le « Projet de formation d'instructeurs sur le VIH/SIDA sur le lieu de travail en Thaïlande ». Ce programme à destination des leaders syndicaux des organisations locales forme des instructeurs capables d'assimiler les connaissances fondamentales sur le VIH/SIDA, de transmettre les bons savoirs sur le lieu de travail, ainsi que de diriger la lutte contre les préjugés. Nous mettons en outre en place avec la collaboration des ouvriers et des membres de la direction un cadre pour la construction d'un système pour faire face à ce problème, et, au-delà de l'activité des participants sur le lieu de travail, nous ouvrons aussi des séminaires au sein de la société locale afin de transmettre au plus grand nombre les connaissances fondamentales sur le VIH/SIDA.
Affiliés au « Forum coopératif international des ONG et syndicats » ainsi qu'à l'« Atelier du groupe chargé des maladies infectieuses et du HIV/SIDA », nous nous investissions en outre activement dans des activités de prévention et de communication au niveau national.


Le monde est entré dans une grande phase de changement. Il est important de prendre des mesures dans le sens d'un retour de la vitalité de nos entreprises et de nos industries, d'un partage plus équitable de leurs bénéfices ainsi que de lieux de travail plus stimulants. La JILAF, toujours attentive au soutien aux pays en voie de développement, a ainsi lancé un nouveau programme relatif à l'équation entre relations patronat-syndicat et productivité.
Ce programme visant au renforcement structurel des syndicats et à l'établissement de relations patronat-syndicat saines s'organise autour de stages pratiques sur 1. Les bases syndicales, 2. La promotion de la CSR (Corporate social responsibility, responsabilité sociale de l'entreprise), 3. l'optimisation de la productivité et le partage équitable ainsi que 4. La promotion des commissions paritaires patronat-syndicats.
La JILAF présente en outre de manière pertinente l'histoire du mouvement productiviste japonais jusqu'à nos jours, montre la voie vers un travail décent, donne une dimension participative à ses programmes et forme également des instructeurs.